En 1974 commença pour Angelo Branduardi l'aventure discographique
avec un premier album simplement appelé Angelo Branduardi,
sous le label RCA, arrangé et supervisé par Paul
Buckmaster. Un album certes encore 'immature" mais qui introduit
d'ores et déjà au futur style de l'artiste.
En 1975, soit à peine un an plus tard, parait La Luna,
ouvrant sur un climat typique branduardien, un monde de fables
et de fantaisies qui présente la première co-écriture
d'Angelo avec sa femme Luisa. La symbolique tourne essentiellement
sur les rapports de l'homme avec la nature, la musique mais aussi
la mort. Sur cet album parait finalement les fameuses confessioni
di un malandrino. Avec cet album naît une amitié et
une collaboration fondamentale avec Maurizio Fabrizio, qui accompagnera
l'artiste dans de nombreuses autres productions.
On le retrouve donc sur la suivante: Alla fiera dell'est pour
Polygram en 1976, qui reçut le Prix de la critique discographique
la même année. Le style branduardi s'installe comme
un rêve qui s'ignore dans une atmosphère de fables
populaires, hébraïque avec Alla fiera dell'est, germanique
avec Sotto il tiglio, orientale dans Il dono del cervo ou encore
bretonne avec La serie dei numeri. Là encore, le rapport
de l'homme avec la nature est amplement traité tout comme
celui avec la mort, dans il funerale.
L'année suivante on retrouve Angelo en Guest sur l'album
Samarcanda de Roberto Vecchioni.
En 1978 Angelo Branduardi présente à son public
une nouvelle production, La pulce d’acqua, toujours dans
une ambiance fantastique, faite de fables du monde entier, de philosophie
zen, de légendes relatives à Merlin, en passant par
les évangiles de Matthieu et les légendes bretonnes
sans oublier les récits des indiens d'Amérique dont
il fera le titre phare de cet album pour lequel il s'adjoint toujours
la collaboration de MaurizioFabrizio et du launeddas du maître
sarde Luigi Lai.
1978 marque le début des grandes tournées européennes
pour l'artiste.: on le retrouve notamment cet été-là dans
la première édition de la Carovana del Mediterraneo
parmi d'autres artistes tels que le Banco del Mutuo Soccorso, Maurizio
Fabrizio, Luigi Lai ou encore Mizrahi.
En 1979, un nouvel album Cogli la prima mela, une atmosphère
de joie malheureuse autour de l'image féminine, qui enthousiasme
le public et reçoit un prix de la critique musicale et un
disque de platine. Branduardi chante là la féminité,
toujours en s'inspirant de fables et de mythes mais aussi d'histoires.
C'est cependant l'amour malheureux que Branduardi chante à travers
des fables de maris diaboliques, d'amour tragiques. Avec cet album
c'est la consécration de l'artiste : sollicité de
toutes part on le retrouve notamment à Paris pour la Fête
de l'Humanité, où il s'exhibe devant un parterre
de quelques 200 000 personnes.
Les tournées de ces deux dernières années
donnèrent naissance en 1980 à un triple album live
et à une vidéo du même nom : Concerto. Cette
même année, Angelo repart durant l'été avec
la Carovana del Mediterraneo pour "une longue fête avec
Angelo Branduardi et ses amis Stephen Stills, California Blues
Band, Richie Havens et bien d'autres...." à travers
l'Italie, l’Allemagne et la France.
En 1981, Branduardi se voit consacré meilleur artiste de
l'année avec l'album Branduardi,pour lequel Paul Buckmaster
tient de nouveau le rôle d'arrangeur. Dans ce nouvel album,
l'artiste a évolué, l'écriture aussi a évolué,
plus évocative, l'accent étant mis sur les rythmes
et percussions, dans un mélange harmonieux instinctif et
pourtant sophistiqué. On trouve cette fois des thèmes
différents des précédents albums, tels que
la joie de se retrouver, l'amitié ou la fête. L'album
est structuré, partant d'une "introduction" (L'amico),
continuant sur des morceaux typiques, dont la cagna, interprétation
d'un poème d'Essenine, pour finalement glisser vers des
chansons aux rythmes plus ensoleillés , avec une petite
halte sur une touche fantaisiste (Il disgelo) avant le grand final.
ette même année, on retrouve les chansons d'Angelo
dans le film Un matin rouge de Jean-Jacques Aublanc.
1983 est l'année de Cercando l’oro, album né du
désir de jouer et de chanter dont le seul fil conducteur
est le plaisir de partir à la recherche de quelque chose,
juste pour le plaisir de le partager avec d'autres. Là encore
Angelo sait s'entourer. En guest, on retrouve dans Piano piano
la harpe celte et dans La giostra la cornemuse du grand Alan Stivell.
Pour le côté graphique, c'est Emanuele "Lele" Luzzati
qui donne vie en images aux chansons de Branduardi.
1983 est aussi l'année des premiers pas d'Angelo dans le
domaine de la musique de film.Il réalise en effet la bande
originale du film State buoni se potete de Luigi Magni, qui lui
vaudra le prix David di Donatello e un Nastro D'argento. A cette
occasion, Branduardi, met un pied dans le cinéma, le premier
et le dernier : il interprète en effet, le rôle de
Spiridione, professeur de musique, chargé de faire chanter
le choeur des enfants de San Filippo Neri. S'en suit une période
de silence.
S'en suit une période de silence.
On entraperçoit ensuite Branduardi parmi d'autres artistes
dans des projets tels que Volare et Mother and child reunion en
1985 puis Poets in New York en 1986, album dédié au
poète Federico Garcia Lorca et pour lequel il met en musique
le poème Cry to Rome. (Grido a Roma)
1986 marque le retour de Branduardi : tout d'abord avec la très
belle BO de Momo, adaptation de l'oeuvre de Michael Ende par Johannes
Schaaf. Mais surtout avec l'album Branduardi canta Yeats, un "recueil" d'une
dizaine de poèmes du poète irlandais William Butler
Yeats, traduits et adaptés par Luisa Branduardi et mis en
musique par Angelo. Un album magnifique, au son acoustique, pour
lequel Branduardi fait de nouveau appel à Maurizio Fabrizio.
Là encore on plonge dans un rêve de grâce et
de beautés, d'amours impossibles, d'innocence, de musique
et de mort. On retrouve donc à travers le poète irlandais,
les thèmes qui sont chers à l'artiste, le tout dans
une réalisation intimiste et magnifique.
En 1987, Branduardi signe la musique du film Luci lontane d'Aurelio
Chiesa.
1988 , c'est la sortie de Pane e Rose, toujours en collaboration
avec Maurizio Fabrizio, un album très coloré, très
rythmé. Au milieu de chansons aux sonorités très
africaines ou créoles, on retrouve les rapports de l'homme
avec la nature (l'albero), l’amour (donna mia, tango), le
mythe (Barbablu', Miracolo a Goiania), l'enfance et une adaptation
de la dernière lettre de Ernesto Che Guevara à ses
parents.
En 1989, Branduardi signe la musique d'un autre film de Luigi
Magni : Secondo Ponzio Pilato, dont on retiendra la très
belle Canzone del deserto.
Avec Pane e rose, Branduardi aborde une nouvelle phase de son
style : ce changement se confirme en 1990 avec l'album Il ladro,
dernier album qu'il signera chez Polygram. On retrouve ici une
ambiance raréfiée, sombre. Il ne s'agit plus là d'amour
et d'allégresse, mais d'atmosphère plus lourde, mélancolique
même, avec une touche de rancœur et de vengeance et
cependant, cela reste un album très interpellant. La couverture
est quant à elle signé Silvio Monti.
1990 est aussi l'année qui marque le début de nombreuses
collaborations, comme par exemple avec Le Orme (Orme) ou Fabio
Concato et Mussida (Radici di terra).
1992 marque un nouveau départ avec une signature chez EMI,
la sortie Best Of, d'une compilation des musiques de film, Musiche
da film, ainsi que d'un nouvel album : Si puo' fare. Dans une ambiance
plus gaie et plus emportée on retrouve différents
thèmes comme l'amour, le départ, le voyage... Pour
cet album il s'alloue la collaboration de Zachary Richard, artiste
canadien, à qui il rend la pareille, en co-chantant io brucio,
sur l'album Snake bite Love.
En 1995, Branduardi signe Domenica e lunedi. Cet album impose
le style actuel de l'artiste. On y retrouve à nouveau Maurizio
Fabrizio mais au-delà on trouve un parterre d'auteurs magnifiques
: aux textes de Luisa Branduardi, viennent s'ajouter ceux du poète
expérimental Pasquale Panella, de Paola Pallottino, Roberto
Vecchioni, Eugenio Finardi ou encore Laurent De Medici dit le Magnifique.
C'est un album à la fois tendre et mordant, poétique
et entraînant, une invitation à la vie et à l'amour
sans pour autant oublier les réalités. Cet album
a été dédicacé à Franco Fortini,
qui fut le professeur de Branduardi.
Suite à cet album, une tournée européenne
d'environ 80 dates donna naissance en 1996 à un second et
attendu album live Camminando Camminando, du même nom, sur
lequel on notera deux inédits dont les textes ont été signés
par Giorgio Faletti : Piccola canzone dei contrari et L'apprendista
stregone.
La même année il participe à l'album Le petit
Arthurd'Alan Simon , et offre une magnifique Rose des vents, version
française de la chanson Vanità di vanità de
la BO du film State buoni se potete.
En 1996, Branduardi produit ce qui fut le premier des Futuro Antico.
Il renoue là avec sa formation classique aux coté du
groupe Chominciamento di Gioia sous la direction de Renato Serio.
Cet album présente une douzaine de titres, des adaptations
de musiques et chansons du Moyen Age, de toute l'Europe, mêlant
la musique profane et la musique sacrée. L'artiste renoue également
avec son image de ménestrel qui a fait son succès
au début de sa carrière et redonne vie à la
musique d'un âge musicalement oublié.
En 1997 il collabore avec Baccini et chante Mani di forbice ou
encore avec la Nuova compagnia di canto popolare avec Pesce d’o
mare et Festa d’o sole.
1998 voit apparaître l'album Il dito e la luna, dont les
textes fantaisistes et insolites sont signés Giorgio Faletti.
Les textes semblent se rejoindrent sur l'idée qu'il faut
regarder au-delà des apparences, au-delà de ce qui
est visible, l'obsession de la rationalité. On notera aussi
le coté autodérision et le je narratif de La comica
finale. Musicalement c'est un album très agréable à écouter,
aux sonorités contrastées, aux couleurs de ses textes.
Toujours en 1998, un double album compilation Studio Collection,
regroupant les morceaux les plus fameux du maestro Branduardi.
Cette même année il participe à l'album Excalibur
- La légende des Celtes d'Alan Simon.
En 1999, c'est avec la naissance Futuro Antico IIque Branduardi
clôt le millénaire au coté de l'ensemble Finisterrae,
dirigé par le maestro Renato Serio. Il reprend cette fois
la musique du Maestro Giorgio Mainero, personnage du 16e siècle.
On y retrouve en autre Schiarazula Marazula, une sorte de version
classique et complexe de Ballo in fa diesis minore.
Il collabore cette année là avec Ennio Morricone
sur l'album de ce dernier : Cinema-Concerto ainsi qu'avec Skiantos.
En 2000, le nouveau millénaire de Branduardi commence par
deux collaborations : avec les Tenores di Neoneli et la chanson
Ai cuddos et avec Giorgio Faletti et La grande attrazione. Enfin
c'est un nouvel album qui fête le millénaire chrétien,
L’infinitamente piccolo, inspiré des lauda et exécuté à partir
des écrits de San Francesco d'Assisi, à la demande
des frères franciscains d'Assise. Cet album récolte
la participation de grands artistes comme Franco Battiato, Madredeus,
EnnioMorricone, la Nuova Compagnia di Canto Popolare, I Muvrini
et l'orchestre La Viola. Cet album a rencontré un grand
succès européen. Avec des musiques parfois surprenantes,
Branduardi a su montrer un visage différent du saint.
2002 voit apparaître Futuro Antico III, avec la collaboration
de l'ensemble Scintille di musica, dirigé par Francesca
Torelli. Cette fois c'est à la cours des Gonzague de Mantoue,
grands mécènes de la fin du 15e siècle, que
Branduardi nous transporte. On y retrouve donc des pièces
de Monteverdi, Gastoldi ou encore Saracini mais également
de compositeurs français (Planson et Vallet) et anglais
(Dowland) sous forme de 6 "mouvements" traitant de l'amour.
Enfin pour rester dans le thème de l'amour, Branduardi
produit en 2003 Altro ed altrove, parole d’amore dei popoli
lontani: 13 chansons adaptant des "paroles d'amour' venues
d'une autre époque et d'autres pays. Du Népal de
Laila Lailas à la ballade irlandaise Donna di Luce, passant
par les indiens d'Amérique, les Kabyles d'Afrique, la tradition
japonaise ou encore le Liban, Branduardi nous invite au voyage
au-delà des frontières de l'espace et du temps, sur
le chemin du "sentiment universel de l'amour". Pour accompagner
ce magnifique album, les illustrations de Silvio Monti.
S'en est suivi une longue tournée de magnifiques concerts,
durant lesquels l'artiste peintre s'est exhibé sur scène
en harmonie avec le chanteur. De ces peintures est née une
exposition Viceversa qui tourne en ce moment dans les plus grandes
villes d'Italie.
Egalement à l'actualité de l'artiste lombard, une
lauda, Francesco,basée sur l'album L'infinitamente Piccolo,
rassemblant sur scène acteurs, danseurs ainsi que le Maestro
Branduardi et son Orchestre.
© Micky